vendredi

Lima, capitale du brouillard

Lima est une capitale qui, en hiver, est nimbee de brouillard que jamais les rayons du soleil ne transpercent. Nous nous sommes contentes de la visite du quartier aise de la ville, Miraflores, ou les peruviens de la haute degustent tous les plaisirs gringos : Starbucks Cafe, Burger King si cher a Aymeric, parc des amoureux en bord de mer ...



C est a Lima que nous avons aussi dit au revoir a Juliette et Yvan. Sniff. Sniff.


Lima s est egalement revele comme un lieu de culture. Pour le quarantieme anniversaire de Mai 68, il y avait une excellente retrospective sur la Nouvelle Vague. Nous avons vu deux excellents Godard, le Petit Soldat et Bande a Part, pour un tarif modique.
Le meilleur a ete une exposition au Musee national sur le Sentier Lumineux et les differentes guerilleras qui ont enflamme le Perou durant les annes 80 et 90. Tres instructif. Photos magnifiques malgre leur durete. Explications claires. Un vrai condense de l histoire du Perou, de sa violence, de ses exces et de ses absurdites. Drole de personnages que ceux Fujimori, El Chino, ancien president durant les annes 90 et Vladimiro Montesinos, son homme de main. Trop de sang et trop de dollars pour etre credibles ! Ils sont aujourd hui tous les deux en cabane. Montesinos cotoit Guzman dans la prison qu il avait lui meme fait construire pour les membres du Sentier Lumineux. Belle ironie !!!



Le Perou, c'est pas le perou !!!

La longue route qui mene aux tresors du Perou est semee d embuches. Alors qu a present, notre voyage s etait deroule sans heurt, notre sejour au Perou a ete ponctue de nombreux desagrements.
Petit florilege de nos mesaventures ordinaires.
- Tout le monde a une information a donner sur tout. Rien ne se revele exacte. Pour le premier . "Es gratis. No problema". Pour le second "No problema. Es gratis". Pour le troisieme : "Ustedes deben Pagar. AHORA. Es mi propriedad". Faudrait vous mettre d accord les gars !!!
- Disparition etrange du telephone portable de Sabine a Cusco
- Perte dans des conditions inexpliquees et inexplicables de 50 euros dans un hotel de Cusco
- Arnaque aux faux flics. Perte de 10 euros. Aymeric vous en parlera avec plus de details.
- Resto aux additions fantaisistes et salees
- Carte de Resto aux choix plethoriques mais a la realite inexistante
- Service digne d un sketch comique. Une heure d attente pour deux pizzas pour apprendre qu il n y a plus de fromage. Donc plus de pizzas. "¿ Quieres una pizza 4 fromaggi sin queso ? ".
Autre dialogue surrealiste. "Je prendrais bien un dessert. Vous avez la carte des desserts ?". " Bien sur. Je vous l apporte de suite. Je vous conseille notamment le tiramisu". "Merci. je vais regarder tout ca." Quelques minutes plus tard. "Finalement. Je vais prendre une crepe au chocolat". "Pas de probleme. Bon choix Monsieur." Une demi heure plus tard : "Desole. Nous n avons plus de desserts. Vous souhaitez peut etre une autre pizza ... sans fromage ?".

Cerise sur la gateau
Certes, arriver jusqu au Machu Pichu releve du parcours du combattant. Mais, le retour s est revele encore plus perilleux. L agence, qui nous avait promis un retour en train la veille de notre depart pour Lima, nous a fait faux bond a la derniere minute. A 8 heures du soir, nous etions sans guide - volatilise dans la nature -, sans billet de retour - alors que le retour a Cusco n etait possible que par le train vu nos contraintes de planning - , sans hotel - tous affichant complet - et sans repas du soir. Tout cela etait theoriquement compris dans le package de l agence.
Apres moultes negociations, avec des interlocuteurs varies - l epicier du coin, le tenancier de l hotel hilare devant nos problemes, des touristes francais ayant connu la meme galere, le guide qui nous avait fait la visite du Machu Pichu - nous arrivons a mettre la main sur notre precedent guide qui nous attendait, sans stress, et sans jamais avoir tente de nous retrouver, avec nos precieux sesames. ¡ Hijo de Puta ! ¡ Hombre !
Pour nous sortir d affaires, on avait bien essaye de brandir la menace de la plainte a la police touristique. On a vite compris le faible effet que cela representait. Au commissariat, l agent de permanence, ventru pour deux et moustacheux comme quatre, ne nous a meme pas regardes lorsque nous lui exposions nos problemes, trop absorbe qu il etait dans la contemplation d un excellent Jackie Chan. Bing. Bang. Boum. On s en est retourne, depite, la queue basse. Au Perou, la police n agit pas, elle regarde des films d action. C est moins dangereux pour elle.
On a fini sur la terrasse d un hotel de passe. A la fraiche. Sous un orage tropical, bien costaud.
Le retour en train, si difficilement obtenu, a ete une curiosite de plus. On a eu droit, entre un sandwich et une danse folklorique, a un defile de tenues en alpaga assure directement par le personnel de bord !!!

La mysterieuse cite perdue des incas


Si Hiram Bingham n a redecouvert le Machu Pichu qu en 1911, ce n est pas un hasard. Ce site est perdu au plus profond de la foret, love entre des pitons rocheux rappelant etrangement ceux de la baie d Along, a l endroit ou les Andes finissantes se transforment progressivement en jungle exhuberante.















Le Machu Pichu se merite. Deux jours d approche. Lever a 4 heures du matin. Marche matinale d une bonne heure pour gravir les 450 metres de denivele qui nous separent de l entree. Atsmosphere collective hysterique durant l ascension : les premiers arrives seront les seuls a acceder au Hyuana Pichu, le graal du gringo. Nous ne serons pas de ceux la. Aymeric et Sabine en portent une lourde responsabilite. Malgre un entrainement de choc, n est pas grenoblois qui veut !!!

Visite guidee parmi une horde de touristes. Malgre tous ces a-cotes deplaisants, la magie du lieu opere. Deambulation durant des heures pour s impregner de ce lieu hors du commun ou l excellence de la culture Inca s est concretisee le plus harmonieusement possible dans une nature totalement remaniee par la main de l Homme.

Aymeric est reste petrifie, en pleine meditation transcendantale, devant ce panorama a couper le souffle, Juliette et Yvan sont alles sportivement observer le Pont de l Inca pendant que Sabine, fidele a son habitude, siestait tranquillement sous un soleil ardent.
En milieu d apres midi, nous sommes alles au sommet du Machu Pichu - la vieille montagne - pour observer le site d un autre point de vue. Nos efforts furent recompenses. La vue est magnifique. On comprend a quel point la construction du Machu Pichu releve de la prouesse technique. On comprend aussi que les conquistadors espagnols, malgre toute leur avidite, n ont jamais mis la main sur ce joyau cache.

Si le Machu Pichu est La rente touristique du Perou -30 euros l entree, train pour acceder a Aguas Calientes hors de prix, 100 dollars l aller retour en haute saison pour a peine une heure de trajet, ville sans ame aux tarifs prohibitifs, site bonde du matin au soir- il n en demeure pas moins une des merveilles de notre monde ...

En selle pour le Machu Pichu

Pour rejoindre le Machu Pichu, on n a pas choisi la voie de la facilite, le train etant trop onereux, le plus cher au monde, mais plutot la byciclette et le trekking, histoire de meriter ce site sacre.

1er jour donc descente d enfer a velo sur plus de 50 km avec les sacs a dos courageuseument portes par Aymeric et Yvan. Au debut, route goudronnee, on a le sourire, que du bonheur !












Puis, la route devient une vieille piste de terre soupoudree de cailloux. C est vrai qu on n a pas pedale une seule fois mais quel un tape cul infernal ! Alors on fatigue les jeunes !












La vegetation est desormais devenue tropicale, on a quitte la froideur du climat andin.
2eme jour - marche le long de voies ferrees pour arriver dans la ville d Aguas Callientes au coeur des montagnes, point de depart pour la decouverte du Machu Pichu. Motives, Juliette et Sabine terminent la marche par une montee abrupte pour apercevoir de loin aux dernieres lueurs du jour les contours de cette cite mysterieuse.











La Vallee sacree des Incas

Transportes dans les collectivos locaux bringuebalants dans lesquels, compresses les uns contre les autres, on se demande comment on va tous pouvoir rentrer, nous voila partis a la decouverte des sites incas qui entourent Cusco

- Pisac et Ollantaytambo, forteresses accrochees aux flans des montagnes














- Moray aux terrasses concentriques qui servaient d experimentations agricoles aux cultures incas














- Les salinas, vasques d eau qui, une fois assechees, permettent de recolter le sel


Se degagent de ses lieux aux fonctions a la fois religieuses, militaires et agricoles, une incroyable harmonie avec la nature environnante, les sites occupant des lieux souvent improbables suspendus aux versants de pics abrupts. Et que dire aussi de ces parfaits ajustements de pierres taillees au millimetre autre que ce sont la de merveilleuses prouesses architecturales !

Cusco, Rome des incas


C est l incontournable, l incontestable mecque du tourisme andin. Et pour cause, elle fut la capitale de l empire inca, couscu signifiant ¨nombril du monde¨ en langue quechua. Avec ses anciennes fondations incas fondues dans les constructions coloniales espagnoles, cette ville reflete indeniablement les differents cultures qu elle a connues.














La cathedrale de Cusco represente a merveille ce syncretisme avec une religion catholique fortement impreignee, probablement malgre elle, d elements culturels andins. La cene du Christ est ainsi representee avec un cochon d inde en plat principal ! La place d arme entouree d arquades possede un certain charme que l on a la chance d admirer au petit dejeuner depuis la terrasse de notre hotel. Mais, cette ville, irriguee par un flot touristique permanent, laisse la desagreable impression d avoir sacrifie son authenticite au profit des¨machines a cash¨ que representent les gringos de passage.

Retrouvailles pour le meilleur et pour le pire

Quel plaisir de retrouver enfin Juliette et Yvan ! Malheureusement, a peine nous voila arrives qu Yvan succombe a son tour au terrible mal de la salmonelle ! Meme symptomes, memes remedes, avec 4 bons jours cloue au lit. Innombrables sont les touristes qui se trouvent atteints de cette maudite maladie. Rien ne vaut les bonnes fraiches cudites francaises, n est-ce-pas Yvan ?

lundi

Enfin guerie !!!

Et oui !!! Apres deux semaines de convalescence a La Paz, Sabine a enfin retrouve la forme. Ayant simultanement attrappee la salmonellose de type thyphoide, la grippe et le parasite Giardia, elle a ete terrassee entre fievre, diahrees, nausees et vomissements. Bref, la totale ! Ca a failli la vacciner du voyage a jamais. Il a fallut toute la patience d Aymeric, plus, il est vrai, une tonne de medocs et piqure en prime pour sortir de cette affaire. Avec un medecin bolivien des plus hasardeux pourtant recommande par l ambassade, on se rend compte de l immense chance d avoir notre systeme de sante a la francaise. Enfin, on reprend heureux, soulages et impatients, la route vers le Perou pour rejoindre Juliette et Yvan.

jeudi

L enfer vert

Apres 16 heures de bus des plus epiques, avec des passages a pic, nous atteignons Rurrenbaque, au coeur de la jungle bolivienne. Le type se fait plus indien, la chaleur plus humide, les moustiques et insectes en tous genre plus nombreux. On arrive dans une charmante pension ou se trouvent des perroquets, et des singes que l on peut admirer depuis nos hamacs sur les bords du fleuve Beni.












On part des le lendemain dans la selva - la foret- pour trois jours de marche. Apres 3 heures de pirogue, nous voila isoles au coeur de la foret vierge.











C est une veritable experience que de se trouver au milieu d une vegetation extremement dense telle un aquarium etouffant que le soleil ne perce que par breves interstices d une couleur verdie et affaiblie. Le silence assourdissant qui y regne est rompue de temps a autre par des cris de singes d oiseaux ou d animaux inconnus. On doit etre sur le qui vive en permanence de peur de poser la main, ou autre chose, sur des fourmis geantes, sur des insectes piquants ou des betes volantes non identifiees. Sabine se souviendra longtemps de cette piqure sur la fesse gauche d une bete rouge volante au bec assere que le guide voulait lui soigner a l aide de la seve d un arbre tropical en l appliquant lui-meme.








A travers une vegetation hostile, on cite volontiers Levi-Strauss dans Tristes tropiques, " cela serait une illusion de croire que l on marche sur le sol, enfoui sous un enchevetrement instable de racines de surgeons, de touffes et de mousses, chaque fois que le pied manque un point ferme, on risque la chute, dans des profondeurs parfois deconcertantes ". Aymeric a cependant effectue un tres joli balancement de liane au dessus d un rio peu ragoutant tandis que Sabine a traverse au peril de sa vie, sur des troncs de bois instables, et avec quelques sueurs froides, des mares boueuses innfestees de parasites pullulants. Miam !

Cocorico, Coroico

A proximite de La Paz, dans les Yungas, entre Cordillere Royale et Jungle tropicale, se trouve une petite bourgade tranquille, enfouie dans une vegetation des plus denses, Coroico. Embarques a bord d une fourgonnette transportant des milliers de poussins, cui-cui, nous voila partis sur une des routes les plus dangeureuses au monde, la route de la mort plongeant de 5200 metres a 1700 metres en moins de trois heures. Le conducteur fait un signe de croix et remercie Pachamama avant d entamer la descente. Guere rassurant tout ca ! Mais on ferme les yeux, on serre les fesses et nous voila arrives sain et sauf.

Decides a prendre un peu de repos, on rejoint le merveilleux hotel sol y luna qui propose des cabanas au coeur de la foret. On passe ainsi la journee dans une cabane en bois repondant au doux nom de Jatata avec une vue magnifique sur la vallee.











Puis, la cabane Nectar nous accueille dans son ecrin de verdure tropicale.

Un moment de detente absolue. On a essaye de faire les courses en ville, mais on a trouve a grande peine des produits frais boliviens. Cependant avec un peu de riz, du soleil et un transat, nous voila au comble du bonheur !

Luxe, calme et volupte. Enfin !

L ile du soleil

Depart avec un groupe d amis pour Copacabana, aux abords du fameux lac Titicaca, le plus haut du monde.


On etait bien decide a feter avec les boliviens le 21 juin, le solstice d hiver. Motives plus que jamais a attendre le lever du soleil, on a veille toute la nuit.





Mais, a notre desespoir, les rues sont restees silencieuses et ce n est qu au petit matin vers 5 heures que la ville a commence a s animer. Nous avons donc assiste a demi eveilles a cette celebration ou les boliviens se rassemblent au cours d une ceremonie en l honneur de l apparition du nouveau soleil.
A la grande epoque, le sacrifice de vierges etait assure. Aujourdhui cette tradition est devenue simplement symbolique. Harasses par la fatigue, portant les stigmates de nos exces nocturnes, emus de la nouvelle du mariage de la soeur d Aymeric, on est alle se coucher a l heure ou les bolivianos, frais comme des truites du lac Titicaca, continuaient la fiesta en buvant du sang rituel de lama!

Le lendemain, on s est rendu en bateau sur l ile du soleil au coeur du lac, cote bolivien. Petite balade sur l ile en essayant d eviter le racket organise par des droits de peage germant tous les 200 metres.



On a assiste a un merveilleux coucher de soleil avant de rejoindre la petite pension Alfonso, certes sommaire mais o combien sympathique. S y retrouvent des communautes ryppies, ou se melengeaient espagnols, peruviens, guatemaltais, boliviens, refaisant le monde avec idealisme et pacifisme. Dans un confort rudimentaire, on a rapidement appris a maitriser la chasse d eau locale.